dimanche 4 juin 2017

Mazingarbe, the place to be young

Il y a sur notre territoire encore un peu de ces petites architectures intelligentes dans leur fabrication, socialement passionnantes et qui, en plus, sont extrêmement populaires. Il s'agit des Clubs des jeunes, appelé "opération Mille Clubs" comme il y eut l'opération "Mille Piscines".
Il se trouve que Mazingarbe est une ville qui a vu, sur son territoire, les deux programmes réunis !
The place to be, pour nous amateurs de ce genre architectural.
Regardons d'abord le "Mille Club" :



Les éditions de l'Europe par Pierron nous montrent un très bel exemplaire de ce Mille Club, ici si je ne me trompe pas, le modèle BSM Tridim des architectes Goddeeris, Deleu et Thoreau. N'est-il pas beau ce club ? Tout de blanc, tout de courbes, affichant la structure métallique fine sur sa façade dont les ouvertures forment un contraste sur cette blancheur. On remarque aussi le carrossage du treillis métallique qui fait l'essentiel de la couverture, treillis invisible depuis l'extérieur mais qui se voit très bien ici sur cette photographie empruntée à l'ouvrage "les années Zup".


Pas de doute, il s'agit d'une belle architecture, à l'écriture simple, franche et aussi par ses courbes certainement accueillantes et rassurantes pour un public qui pourrait être rebuté par un signe trop fort, trop solennel. Entre cabane, tente de camping techno, petite fabrique, le Club des Jeunes Tridim avait beaucoup d'atouts et notamment celui de sa modularité. Une fois encore la carte postale a su enregistrer cette petite chose qui a marqué par son rôle social cette période.
Pour information, c'est pour l'instant, le seul Mille Club de ce type dans ma collection. Une rareté donc.
Je vous montre un exemplaire un peu défraîchi de ce même Mille Club Tridim, ici photographié dans la région du Mans et découvert grâce à Nicolas Hérisson. Ira-t-on le démonter Nicolas ?


Et maintenant, une icône plus accessible, surtout si on vient piocher ici sans remords :



Cette piscine Tournesol, nous la connaissons déjà, prise sous un autre angle ce qui prouve que les éditeurs étaient attachés à cet objet qui devait donc avoir un vrai potentiel marchand.
Mais avouez que ce point de vue sur cette piscine Tournesol de Mazingarbe lui donne une allure et un esprit très différents !
D'abord le ciel n'est pas bleu, l'ensemble baigne dans une demi-teinte grise et un peu glauque au sens premier de ce mot.
Cela provient sans doute du premier plan très gris composé par ce monument en forme d'obélisque et de son banc circulaire en pierre agrémenté de lions eux aussi en pierre sculptée...
Mais enfin, qu'est-ce que cette piscine Tournesol et son style de soucoupe volante Pop viennent faire dans un Grand Ordre un rien Bofillien ?
Je ne sais...
Et, pire, je ne trouve pas cette piscine qui semble bien avoir disparu avec son ensemble sculpté. Nous attendons des témoignages des habitants de Mazingarbe pour nous raconter cette histoire de collage et de disparition. Car, au-delà de ce choix, ce qui est assez amusant c'est bien que cela compose un ordre urbain assez cohérent dont la verticale de l'obélisque semble répondre à la courbe de la piscine comme un immense cadran solaire ou un objet scientifique quelconque dont on aurait oublié l'usage. La poésie urbaine naît souvent de ce genre de collage dont nous ne pourrons pas décider d'un hasard ou d'une volonté. Le vide total de personnage accentue le mystère de cette composition géométrique un rien ardue.








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